OUDRY Jean Baptiste

 

Né le 17 mars 1686 à Paris. Mort le 30 avril 1755 à Beauvais. XVIII° siècle. Français.
Peintre de compositions religieuses, portraits, animalier, natures mortes, graveur, dessinateur.
 
Son père était peintre et doreur, membre de l'Académie de dessin et directeur dela communauté Saint-Luc, de surcroît installé marchand de tableaux à l'enseigne de La Clef d'Or, quai de la Feraille, depuis quai de la Mégisserie. C'est de son père qu'il tint les premiers rudiments. Mais en 1704, Michel Serre, alors peintre des galères du Roi à Marseille, étant de passage à Paris pour sa réception à l'Académie, vit les travaux de l'adolescent, s'intéressa à lui et voulut faire de lui son élève ; le père le lui confia, et Oudry put travailer près de Michel Serre à Marseille durant quatre années, au bout desquelles il revint à Paris, ayant fait de si grands progrès qu'il fut admis d'emblée à l'école Saint-Luc pour une composition sur le thème de Saint-Jérôme (les archives portent que ses deux frères furent reçus en même temps que lui). C'était en 1708. Toutefois, plus que l'école Saint-Luc et que Michel Serre, son vrai maître devait être Nicolas de Largillière, auquel il s'attacha vers ce temps, demeurant chez lui cinq années consécutives, vivant dans son atelier, participant à son travail et prenant ses repas à la même table. Non seulement l'influence artistique de Largillière a marqué à son début le métier d'Oudry, mais avantage d'un ordre différent, tout au long de sa carrière Oudry va se voir accompagner par les puissants appuis qu'il s'est acquis dans la société de son maître et parmi les gens qui fréquentaient là. En 1705 Oudry épousa une demoiselle Froissé, fille d'un miroitier, elle-même peintre et son élève. Treize enfants devaient naître de cette union. Pécuniairement les débuts du ménage furent difficiles, mais promptement ses portraits apportèrent au peintre une petite aisance.
 
Dix ans plus tard sa renommée en ce genre était déjà si bien établie que le tzar Pierre-le-Grand lui-même, venu à Paris en 1717, commanda à Oudry son portrait ; l'affaire d'ailleurs tourna mal ; le tzar avait l'admiration dangereuse. Quand on lui présenta le portrait terminé, il en fut tellement satisfait qu'il conçut le projet de ramener chez lui dans ses bagages le peintre avec la peinture ; il avait agi ainsi en Hollande avec le charpentier de Saardam. Vers cette date Oudry travailla aussi pour le choeur de l'église de Saint-Leu ; il y brossa une Nativité et un Saint Gilles en bénédictin ; pour le choeur de la chapelle du chapitre de Saint-Martin-des-Champs : une Adoration des Mages ; trois tableaux qui par la suite furent portés au dépôt du Musée des Monuments français. A partir de mai 1714, il était professeur adjoint à la maîtrise de Saint-Luc ; et le 1er juillet 1717, il fut élu titulaire de cette fonction. Il entra à l'Académie des Beaux-Arts en 1719 pour une toile figurant l'Abondance avec ses attributs, actuellement conservée au Musée Napoléon, à Trianon. Dans cette toile s'affirme enfin sa maîtrise et ses qualités propres : la finesse de l'observation et du sentiment, l'influence des peintres flamands et anglais complétant désormais le talent de bon ouvrier qu'il avait acquis de Largillière.
 
En 1722, la Chasse au sanglier qu'il présenta à l'Exposition de la Jeunesse affirma sa réputation d'animalier, et l'attention de la Cour se porta à lui. En 1726 le Roi lui commandait cinq tableaux dont les sujets étaient cinq fables de La Fontaine. Oudry devint pour la Cour le peintre des chiens ; il obtint l'amitié de Louis XV en brossant le portrait de sa meute, si fidèlement assure-t-on, que Sa Majesté ravie d'aise put mettre un nom sur chacunes des bêtes représentées. L'artiste fut dès lors reconnu comme peintre officiel des chasses royales. On lui donna un appartement au Louvre, un atelier dans la cour des Princes aux Tuileries, où Louis XV venait parfois lui rendre visite. Pour Fagon, intendant des Finances, Oudry peignit la décoration célèbre du château de Vauré, et celle de la villa de Fontenay-aux-Roses. Fagon, lui-même ancien administrateur de la manufacture de Beauvais, sentait le besoin que celle-ci avait d'une direction nouvelle : il porta dans cette vue son choix sur Oudry. En 1734, par lettres patentes, Oudry était appelé à la direction artistique de la manufacture, succédant à l'entrepeneur Mérou. Il s'y installa donc, recevant à son entrée en fonction 98 000 livres et un logement dans les dépendances. Oudry qui avait 18 000 livres de revenus, en touchait annuellement 10 000 à Beauvais. Sa fortune à l'époque devient ainsi considérable, et sa position sociale assurée : il était désormais un riche bourgeois parisien. Deux portraits  de lui en sa maturité, l'un gravé par sa femme, l'autre par Tardieu d'après Largillière, le présentent sous cet aspect du bourgeois heureux et paisible, le visage bon enfant, un peu empâté, la bouche épaisse, le menton replet, le front haut, avec un rien de sourire dans les yeux. Il était, dit-on, très sociable, et d'une gaîté franche que la compagnie appréciait. Fagon l'emmenait fréquemment avec lui dans sa terre de Vauré, où, selon la mode du tems, les invités se donnaient à eux-mêmes le divertissement de la comédie, et le bon Oudry, guitare en main, jouait les Pierrot sur le théâtre. Le plus souvent il résidait à Beauvais : il produisit  quantité de dessins pour la manufacture, mais sentant bientôt qu'il ne pouvait suffire tout seul à ce travail, il s'adjoignit Boucher et Natoire dans l'exécution des cartons que les copistes reproduisaient. Pour l'essentiel on peut dire que l'administration d'Oudry aboutit à un grand succès et qu'elle communiqua aux ateliers une impulsion dont Beauvais se ressentit longtemps. On a critiqué par la suite le caractère qu'il avait donné à l'art de la tapisserie en l'orientant vers l'imitation du tableau et la recherche du trompe-l'oeil plus que vers la recherche d'une qualité originale et spécifiquement décorative. Mais, dans l'immédiat au moins, sa probité, son sens commercial, sa connaissance de la psychologie du public servirent à merveille sa fonction, et il atteignit exactement au but qu'on lui avait assigné en la lui confiant.
 
Il poursuivait d'ailleurs son oeuvre peint, le comte de Tessin lui ayant par son amitié procuré des commandes considérables de la reine de Suède et du grand duc de Mecklembourg-Schwerin. Ce dernier en 1732 lui demanda quatre tableaux qu'il vendait pour originaux : il était seulement un travailleur infatigable. Au Salon de 1753 il exposait quinze tableaux à la fois. Quand il se déplaçait, et même en promenade, il travaillait encore ; aller vers de nouveaux paysages, ce n'était pour lui qu'un moyen de plus d'aller à la rencontre de son travail. Parfois il se rend au bord de la mer pour y peindre des poissons frais sortis de l'onde ; dans les jardins d'Arcueil il dessine les allées ensoleillées au milieu des bosquets ; le dimanche il s'installe au bois de Chantilly, au bois de Boulogne aussi, ou en forêt de Saint-Germain, pour noter le détail des arbres, des plantes, ou fixer la lumière d'un ciel. Le soir, dans son atelier, il gravait. Sur son métier, Oudry s'est expliqué lui-même dans deux mémoires qu'il lut à l'Académie durant l'année 1749, destinés à l'instruction de ses confrères : il y expose, entre autres, ses idées sur le clair-obscur et l'analyse des couleurs, sur les moyens de peindre à sec et d'utiliser le vernis, de faire des glacis et de rendre "avec légèreté les plumes et les cheveux".
 
Oudry a laissé plus de mille trois cents oeuvres de lui cataloguées : natures mortes, portraits, animaux, scènes de chasses, paysages. Il a peint des dessus de portes et des trumeaux, des cheminées et des glaces, décorations de fleurs, de fruits et de musettes, de charmants buffets, des peintures sur fond de planches en trompe-l'oeil. Il a gravé plus de soixante-quinze pièces ; ses cartes, ses frontispices, ses rebus et logogriphes ont été reproduits un peu partout ; souvent non signés, le public même ignore qu'ils sont de sa main. Nombre de planches furent exécutées pour illustrer le Roman Comique de Scarron, les Fables de La Fontaine, le Don Quichotte de Cervantes. Des Fables, quatre volumes in-folio furent publiés, à Paris en 1755 par Montevault, propriétaire des dessins, et imprimés par Jombert. Oudry avait peint six de ces Fables pour les appartements du Dauphin et de la Dauphine, dont : Le Loup et l'Agneau, actuellement au Musée du Puy, Le Cerf et la Lice, à Versailles, Le Renard et la Cigogne et Les deux chiens et l'Ane, à Compiègne, Les deux Chèvres, à Laval. Il avait fait pour cette illustration deux cent soixante sept dessins, au crayon noir, rehaussé de blanc et parfois de sanguine ; la gravure était de Cochin. Pour le Roman Comique, auquel il avait commencé de travailler en 1726, il a laissé trente-huit morceaux, dont vingt-et-un gravés de sa main.
 
Jusqu'à la fin les honneurs officiels continuèrent de le combler : en 1736, couronnement de sa carrière, Oudry, déjà chargé de la manufacture de Beauvais, se voyait confier l'inspection des Gobelins pour y surveiller l'exécution de ses tapisseries des chasses royales, aux appointements annuels de 2000 livres. En 1739, l'Académie l'élit "adjoint à professeur" après la mort de M. de Trémollière ; le 28 septembre 1743 il succède comme professeur à de Troy. Le 1er mai 1755, il se trouvait à sa résidence de Beauvais, il mourut d'une attaque d'apoplexie ; son corps fut inhumé dans le cimetière de la paroisse Saint-Thomas ; après la Révolution, la pierre portant son épitaphe fut transportée dans l'église Saint-Etienne. On peut définir l'importance de toute cette oeuvre si vaste en disant qu'Oudry fut en somme le plus populaire des animaliers du XVIII° siècle, représentant assez exactement ce que l'esprit du temps pouvait admettre de vérité gentille et syylisée dans l'interprétation poétique de la nature.

 

 

 

 

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